Le plus gros réseau social du monde serait à nouveau victime d'utilisateurs cherchant à manipuler les masses avant les élections de mi-mandat américaines. La société a réagi en bloquant et effaçant de nombreux comptes suspicieux.
Alors que l'affaire Cambridge Analytica est encore vive dans les mémoires, Facebook va devoir faire face à un nouveau péril dans les mois à venir. En novembre se tiendront les élections de mi-mandat américaines. Et comme en 2016, le réseau social serait la cible privilégiée des manipulations politiques de masse.
32 comptes Facebook et Instagram supprimés
La société de Mark Zuckerberg a en effet identifié plusieurs tentatives de manipulation politique ces derniers mois. Pas moins de 32 comptes Facebook et Instagram - appartenant à la même entité - ont été bloqués puis supprimés par les équipes du réseau social.Le plus ancien de ces comptes avaient été créé en mars 2017 alors que le plus récent datait de mai 2018. Au total, ce ne sont pas moins de 10 000 messages qui ont été diffusés sur le site américain. Les pages concernées étaient suivies par environ 29 000 personnes. Afin de bénéficier d'une meilleure visibilité, ces comptes ont sponsorisé 150 contenus à hauteur de 11 000 dollars.
La Russie visée à demi-mot
Au travers d'un communiqué, des représentants de l'entreprise ont indiqué que « la Russie pouvait être impliquée ». Si le groupe reste prudent en affirmant ne pas savoir qui est réellement derrière cette campagne de manipulation politique, il aurait découvert des similitudes dans la façon d'opérer entre ces comptes et ceux de l'IRA.L'Internet Research Agency, une organisation proche du Kremlin, avait été accusée en 2016 d'avoir influencé les votes des utilisateurs de Facebook au moment de l'élection de Donald Trump. Bloquées en 2017, les pages de l'IRA auraient des liens avec les comptes récemment supprimés.
Mark Zuckerberg a indiqué que ses équipes font « face à des adversaires déterminés, bien financés, qui n'abandonneront jamais et changent tout le temps de tactique. C'est une course aux armes, et nous aussi nous avons constamment besoin de nous améliorer. »
Il faudra de la persévérance aux techniciens du site américain : près de 10 millions de personnes avaient visionné du contenu propagandiste à la veille des élections de 2016. Sans oublier que d'autres réseaux sociaux comme Twitter risquent eux aussi d'être visés par ces manipulations politiques...